Sophie Gotti, 36 ans - Marseille
Je suis née un 14 juillet, une année de canicule. On m'appella Sophie comme ma grand-mère polonaise, Sovja. Fille d'immigrés italiens et polonais, j'ai appris d'eux la tolérance et la générosité, des valeurs largement véhiculées par ce milieu ouvrier de l'Est de la France, maintenant disparu. Plutôt indépendante et urbaine, curieuse de la vie, je suis partie à 18 ans faire mes études à Nancy, Strasbourg avant d'attérir à Paris. Après un an en marketing, j'ai travaillé comme assistante com/graphiste puis chargée de communication au groupe La Poste, à une époque où internet démarrait à peine en France. De là est né mon désir d'allier graphisme et internet. Je suis partie pour Marseille, l'occasion était toute trouvée pour me lancer dans le webdsign. Autodidacte dans bien des domaines, c'est en parallèle de l'apprentissage de la création de sites internet qu'est née ma passion pour la photo, dans un premier temps de manière utilitaire puis ensuite, passionnelle. Cela fait 5 ans que je pratique, j'ai commencé par le numérique pour finir à l'argentique. Dire que je suis compliquée serait un euphémisme. Je suis aujourd'hui responsable de la communication dans une petite collectivité locale, on me dit plutôt philosophe et humaine, qui retombe toujours sur ses pattes. Une qualité qui me fait sans doute autant aimer les chats, j'en ai aujourd'hui trois qui partagent ma vie au coeur de la cité phocéenne.
Ma démarche photographique
Si j'y réfléchis bien, me concernant, elle est multiple, chacune de mes séries a sa logique, chacun de mes appareils me permet de m'exprimer différemment. Mais globalement, la photo est pour moi un médium que j'utilise pour raconter des histoires, comme le pinceau d'un peintre ou le crayon de l'écrivain. Je ne cherche pas à capter le monde qui m'entoure tel qu'il est mais plutôt à le réinterpréter ou à l'inscrire sur la pellicule tel que je le vois. Les portraits que je fais sont souvent irééls, les paysages parfois méconnaissables. Justement. C'est cette dualité des réalités que je cherche à cultiver, à décliner. J'ai assez de mes yeux pour voir le monde qui m'entoure et pour apprécier ce qui est beau. On me dit souvent que mes photos sont mélancoliques. Pour moi, ce n'est pas négatif. J'aime ce qui est décati, vide, des lieux abandonnés comme les friches industrielles, des endroits que certains trouveraient déprimants alors que je les trouve inspirants. Je dirais donc que c'est un spleen photographique qui résume le mieux mon travail. Plus dans le ressenti et l'interprétation que dans le réalisme. Plus dans le symbolisme que dans l'expressionnisme. Avec mes polaroids ou mes toyscaméras, je m'amuse à capter des instants, des instantanés de vie. Mais c'est le principe même de la LOMOgraphie, me direz-vous. Et puis, je dois avouer qu'avec mon passif de graphiste, je préfère arriver à avoir des résultats déroutants et farfelus avec un appareil vieux de 50ans qu'en passant une heure sur photoshop. Question d'état d'esprit.
Je suis depuis peu l'heureuse acquéreuse d'un FUJI X100, tout nouvel appareil hybride numérique de la marque Nipone. Je l'aime assez pour son côté tout terrain et je me remets à faire de la photo de rue en noir et blanc. Un juste retour des choses.
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